Compte 2016 : positifs mais restons prudents !
23/05/2017
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Budget 2018 : un compromis peu satisfaisant

Déclaration du groupe PLR lu lors du Conseil municipal du 21 novembre 2017

Une majorité du PLR Carouge soutiendra le compromis trouvé entre les partis. Face à une situation budgétaire difficile et à l’absence claire de majorité au sein de ce Conseil municipal, il semble cette année plus responsable de soutenir le fruit d’un travail consensuel.

Les amendements au budget permettront d’éviter la hausse d’impôt voulue par le Conseil administratif et d’effectuer deux coupes budgétaires.

La première consiste à prendre acte de la fermeture du Théâtre des Amis. Certes, nous regrettons la disparition de cet établissement de grande qualité, mais il n’y a aucun sens à essayer de recréer un nouveau théâtre à Carouge et encore moins d’en importer un d’une autre commune. Carouge possède encore deux théâtres, dont un qui aura bientôt deux salles, ce qui est largement suffisant pour une commune comme la nôtre.

La deuxième réduction budgétaire vise à enlever 180’000 francs de la ligne 31 « Biens, services et marchandises » qui s’élève à plus de 21 millions. Il s’agit ainsi d’une coupe de moins de 1%, que le Conseil administratif pourra répartir comme il le lui semble préférable. Pour notre part, nous pensons par ailleurs que des économies sont possibles et même souhaitables par les bibliothèques (qui dépensent CHF 100’000.- pour des animations), qui doivent se recentrer sur leurs fonctions principales, le musée, qui sous couvert d’économies augmente ses dépenses, de la piscine, qui n’a clairement pas besoin de manifestations pour assurer sa promotion, ainsi que le service de l’urbanisme qui externalise beaucoup malgré l’importance de ses ressources internes.

Un amendement permettra de rétablir la gratuité des manèges après le cortège pour les enfants scolarisés à Carouge lors de la fête des écoles pour un montant de 12’000 francs. Cette économie de bout de chandelle effectuée par le Conseil d’administratif n’a aucun sens et confine à la mesquinerie. De la même manière, les dix postes d’été pour les jeunes  (sur les 55), supprimés par le Conseil administratif seront rétablis afin de permettre à de jeunes carougeois de faire leur premier pas dans le monde professionnel.

L’adoption d’un budget ce soir par une majorité permettra l’ouverture d’une crèche de 80 places en septembre. Le PLR se réjouit de cette nouvelle prestation à la population, qui est plus que nécessaire. C’est ainsi une centaine de familles carougeoises, qui vont bénéficier d’une solution de garde pour leurs enfants, afin de pouvoir travailler et subvenir à leurs besoins.

Le budget tel qu’amendé présente malheureusement aussi des aspects qui déplaisent fortement au PLR. Le plus évident est la présence d’un déficit de 730’000 francs. C’est le signe d’absence de courage politique, nécessaire pour soit effectuer des coupes, soit augmenter les ressources. Ce refus d’effectuer des choix, certes douloureux, a pour conséquence de vivre à crédit, crédit que nous léguerons aux générations futures qui devront assumer notre irresponsabilité.

Moins visible, nous regrettons que la solution du consensus se limite à effectuer 380’000 francs de coupe pour couvrir les 1.6 millions de recettes en moins liées au refus de l’augmentation d’impôt. Les 1.22 millions manquant se répartissent entre le déficit et une réévaluation des entrées plus ou moins arbitraires, ce qui n’est pas vraiment sérieux. Notamment, l’ajout de 30’000 francs de recettes pour les amendes d’ordre nous semble un mauvais signal politique. Nous regrettons la volonté de traquer le moindre écart de comportement des carougeois dans le but de remplir les caisses communales.

Nous pensons que d’autres réductions budgétaires auraient dû être effectuées. Au niveau du personnel, nous regrettons la création d’un poste – certes en agent spécialisé – de délégué à l’énergie. En plus de son coût annuel de plus de 100’000 francs, il faut encore ajouter le coût des audits énergétiques que cet agent va superviser – à défaut de les effectuer lui-même, ainsi que celui des études –toujours externalisées – pour mettre en œuvre les recommandations issues des audits. En terme énergétique, nous avons l’impression de créer une usine à gaz, malheureusement aux frais des contribuables.

Concernant le deuxième poste créé, nous comprenons que la nouvelle crèche va amener un surplus de travail au groupe des secrétaires-comptables, nouvellement créé. Vu l’absence de recul suite à l’internalisation des tâches, avant effectuée par les crèches, il nous aurait paru plus prudent de se limiter à engager un auxiliaire. Dans quelques années, un membre de ce groupe partira à la retraite et cela aurait été une excellente occasion de faire un premier bilan et de voir si un nouveau poste est vraiment nécessaire. A l’inverse, nous pérennisons une charge de plus de 60’000 francs annuels, qui sera très difficile à supprimer même si elle est superfétatoire.

Toujours dans les nouveautés du budget 2018, nous sommes opposés à l’augmentation encore de 50’000 francs, après les 50’000 francs votés le mois passé, de la subvention pour l’A.S.M.V. – le chat noir. Au moment où notre commune rencontre d’importantes difficultés budgétaires, cette augmentation de 100’000 francs par an est inconsciente, d’autant plus pour une association qui permet d’apporter de la clientèle à un bar privé.

En cette période difficile, nous ne comprenons également pas la volonté du Conseil administratif et d’une majorité de ce Conseil municipal de toujours vouloir faire mieux que les autres. Oser demander une augmentation d’impôt tout en maintenant une aide au développement à 0.9% du budget nous paraît à la limite de la provocation. Pour rappel, les standards internationaux recommandent d’y affecter 0.7% du budget et de nombreuses collectivités n’atteignent pas encore ce taux.

Dans la continuité de cette volonté de ne pas centrer l’action de la commune sur nos habitants, nous regrettons le mépris avec lequel le Conseil administratif traite les décisions de notre assemblée. Il y a maintenant une année, lors de la séance d’adoption du budget 2017, une motion PLR demandant la négociation d’avantages pour les Carougeois en échange de subventions ou de gratuités a obtenu le soutien d’une large majorité, composée de 22 conseillers municipaux, qui souhaitaient pouvoir l’étudier en commission des finances. L’exécutif semble avoir tout simplement décider d’ignorer cette décision, puisqu’il n’a organisé aucune commission à cet effet, et n’a évidemment pas pris la peine d’ajouter la mention de cette volonté dans les courriers qu’il a échangés avec les bénéficiaires de subventions ou de gratuités.

Cela fait plusieurs années que le PLR invite à la prudence lors des débats budgétaires. Nous vous avions prévenu que des choix difficiles allaient devoir être faits si la commune continuait à profiter de chaque augmentation des recettes fiscales pour créer de nouvelles charges fixes, souvent pas nécessaire. Malheureusement, malgré un rendement particulièrement élevé de notre centime additionnel, qui nous permet d’avoir un budget global plus important que d’autres communes suburbaines ayant davantage d’habitants et un taux plus élevé, nous arrivons au moment redouté. Cette absence d’anticipation couplée à la politique dogmatique de gauche menée par le Conseil administratif mène dans une voie sans issue. La volonté justeboutiste d’entraver la circulation est venu à bout de nombreux clients des commerces carougeois. Le choix – électoraliste ? – de construire en majorité des logements sociaux, en dédaignant la classe moyenne, pèse tant sur les recettes que sur les charges de la commune. Ainsi, nos commerçants souffrent, nos habitants également, ce n’est pas le moment de leur faire les poches en augmentant de 3, voire 6% l’impôt communal.

Nous devons donc engager des mesures structurelles au sein de la commune. Notre mission est d’identifier le superflu et de nous en passer, afin de pouvoir assurer le nécessaire. Chaque renouvellement de poste doit par exemple être l’occasion d’une réflexion sur les possibilités d’optimisation du fonctionnement. De plus, de nouvelles ressources doivent être recherchées, tout n’a pas besoin d’être gratuit, par exemple dans les activités de la bibliothèque ou les entrées au musée.

Nous ne terminerons évidemment pas sans remercier le Conseil administratif, en particulier pour les séances de présentation des services, le responsable du service financier et ses collaborateurs, ainsi que les chefs de service pour leurs explications.